GROUPE      D' ETUDE      CINEMA      DU      RÉEL      AFRICAIN

LE DOCUMENTAIRE DANS LE PROCESSUS D’ÉVOLUTION AU BURKINA FASO

par Bakary Sanon (Burkina Faso)

Cinéaste, journaliste.



Le cinéma documentaire a fait son entrée comme genre cinématographique à part entière dans le jeune univers du cinéma africain assez récemment. Ceci, grâce à deux facteurs : l’ouverture démocratique des années 90 et l’arrivée de la technologie numérique [1].

L’ouverture démocratique a permis la voie à un regard plus acerbe et plus critique des cinéastes africains sur leur société et les mœurs politiques et économiques parfois incompréhensibles qui les caractérisent. Aux films ethnologiques généralement faits par des occidentaux avec un regard pas toujours innocent sur les cultures et le vécu africains, ce sont peu à peu supplantés des regards africains divers, qui ont d’abord contestés la légitimité occidentale de parler de la réalité africaine à partir de sa propre échelle de valeur (On peut se rappeler les reproches faits aux films de Jean Rouch notamment, remarquant que ce cinéaste, comme d’autres, était venu dans le fourgon du colonialisme)  et puis se sont rués vers les canaux des dénonciations et des protestions contre les systèmes qui régissent la vie politique en Afrique.

La technologie numérique est arrivée, on pourrait dire au bon moment : les langues commençaient à se délier et le problème qui semblait condamner le cinéma africain à une mort très prochaine à savoir le problème lié aux moyens techniques et financiers de production, était en partie résolue.

Avec plus de facilité, désormais, on pouvait apprivoiser le réel, témoigner du vécu et au besoin dénoncer des travers politiques et des tares culturelles.

Mais, il ne faut pas oublier que les tous premiers films  africains étaient des documentaires ou alors, en avaient le traitement.

Lorsque dans Borrom Sarret ( 1963) Ousmane Sembène suit les tribulations d’un conducteur de charrette dans le Dakar des années1960 ou dans Afrique sur Seine (1955) Paulin Soumanou  Vyera, laisse voir la vie de jeunes africains à Paris dans les années 50, on assiste à la naissance du cinéma africain non seulement mais également au cinéma documentaire africain.

Une aventure débutait avec pour objectif de combler le vide des écrans noirs. Elle allait connaître beaucoup de péripéties dont la plus criarde était la mise en place d’une industrie de production aussi bien qu’un réseau de distribution. Problèmes au demeurant qui perdurent toujours.

Donc on peut dire qu’à l’origine, tout comme pour le cinéma en général, le cinéma africain est documentaire.

Dans ce contexte d’ouverture démocratique ou néanmoins la censure et les difficultés d’autorisation de tournage sont omniprésentes (exemple récent du film Boribana  (1963) de Abdoulaye Diallo sur l’assassinat de journaliste Norbert Zongo en 1998 au Burkina Faso), et ou les chaînes de diffusion sont, dans la plupart des pays, aux mains de l’Etat, le cinéma documentaire a pu se créé un espace, même s’il reste encore délicat à appréhender.

Le Burkina Faso qui est devenu grâce à la création du Fespaco (Festival Panafricain de Cinéma et de Télévision de Ouagadougou) en 1969, le carrefour du cinéma africain (tout genre confondu) , depuis lors, bénéficie de la présence d’un public réellement cinéphile. Ce public cinéphile va s’agrandir avec l’apparition de la télévision dans les foyers des citadins dans les années 80.

D’abord intéressé par les Westerns et les films français des années 70, puis par la suite aux mélodrames produits à Bolywood (communément appelés films hindous), ce public va peu à peu se tourner vers son cinéma à mesure que la quantité et la qualité des films africains devenaient appréciables.

De nos jours certaines productions locales, faits avec des moyens parfois dérisoires remplissent les salles et le public ne fait qu’en redemander. Exemples des films du réalisateur Burkinabé Boubacar Diallo : Traque à Ouaga (2004), Sofia (2004), Dossier brûlant (2005), l’or de Younga (2006) , Môgôo Puissant (2007). Le film Sofia a fait 40 000 entrées au Burkina Faso, véritable succès au Box office.

S’agissant du cinéma documentaire, sa diffusion est pour l’instant assurée par la seule télévision et aussi grâce à des rencontres cinématographiques qui sont organisées par des associations en vue de sa promotion.

L’impact du cinéma documentaire dans le contexte burkinabé est très palpable. Un film comme Boribana de Abdoulaye Diallo réalisé en 2005, censuré dès sa sortie par le gouvernement à cause de son sujet même (qui est celui de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en 1998) en est un exemple. Film censuré mais vu quand même par des milliers de personnes.

Ce film -témoignage de la vie et de la tragique fin d’un journaliste qui allait remuer sa plume là où ça faisait mal, a énormément alimenté les débats au Burkina Faso et a ravivé la soif de justice qui commande que ses assassins soient poursuivis et condamnés.

Côte d’Ivoire, la poudrière identitaire (2004) est un autre exemple de la singularité du documentaire à dresser l’attention durablement sur des travers politiques. Ce film, fait par des membres de l’ONG Belge  Prévention Génocide (Benoît Scheuer et Dominique Trembloy, sociologues)qui traite des germes de la guerre civile en Côte d’Ivoire (guerre toujours d’actualité) a connu plusieurs rediffusions sur la chaîne de télévision nationale du Burkina …

à la demande du public. Tout simplement parce que le public voulait retenir le fait que partant d’aberrations et d’irresponsabilités politiques, leurs dirigeants les mènent souvent dans des tragédies dont ils sont les premières victimes.

A travers ces deux exemples, on constate que le processus d’éveil et de prise de conscience, plus perceptible dans le cinéma documentaire à cause de son caractère didactique, (particulièrement le cinéma documentaire à caractère politique où l’engagement de l’auteur se ressent avec force), est entrain de s’établir dans la société burkinabé. Maintenant reste à savoir comment et dans quelle perspective ce processus va se renforcer.

Mon propos visera donc à suivre la dynamique de ce processus à travers les films plus ou moins récents qui auront, par leurs impacts, marqué l’esprit des burkinabé dans leur quête d’avantage de liberté et de mieux- être social.

1-La fin des régimes d’exception et le début du documentaire d’auteur

Pour la plupart des africains francophones, le point de départ de la démocratisation du continent est le discours de la Baule prononcé par le Président français François Mitterand lors du sommet France-Afrique en 1990.

Ce discours traçait les conditionnalités de l’aide française au développement en insistant sur l’ouverture au multipartisme et la nécessité d’opérer une transition vers des régimes moins personnalisés et plus regardant des droits de l’homme et de la liberté d’opinion.

Le vent venait de souffler à l’Est de l’Europe balayant entre autre le mur de Berlin et le communisme agonisant.

Sur le continent ce fut l’enfantement douloureux d’un mode de gouvernance qui était loin de plaire aux dirigeants en place depuis parfois plusieurs décennies, le début aussi de la naissance du droit d’opinion et du droit de regard sur la gestion publique.

Il y eut plusieurs conférences souvent interminables pour tenter de tracer la voie à ce type nouveau de gestion publique.

Bon gré, mal gré, les dirigeants africains s’en sont fait au principe du vote, au principe de la liberté de la presse et aux autres corollaires de la démocratie.

Il y a eu des pays où tout cela s’est passé dans le calme et la sérénité comme au Bénin par exemple, par contre des bains de sang ont été nécessaires dans d’autres pour aboutir à une prise en compte de toutes les composantes de la population dans la prise des décisions qui impliquent le destin national.

S’agissant du Burkina Faso, il n’y a pas eu de conférence nationale. La transition s’est faite par le truchement d’un forum où l’histoire politique nationale devrait être analysée afin d’extirper les germes des violences qui l’avaient caractérisée jusque là (4 coups d’Etat entre 1966 et 1987) et repenser l’avenir en terme de consensus national. Le forum lui-même ne fut pas non plus une réussite.

Néanmoins, une Constitution fut adoptée en 1991 [2] , qui ouvrit la voie à une élection pluraliste (même si ce ne fut pas totalement le cas, l’opposition ayant boycotté les élections pour réclamer une conférence nationale, et ou le Président sortant s’est retrouvé seul et unique candidat en lice).

On assista alors à la naissance d’une société civile et une presse non plus la voix de son maître mais plutôt critique par rapport à certains aspects de la vie nationale.

Le propre d’une société civile étant d’éclairer davantage l’opinion sur la direction que prend le destin national, au Burkina Faso, cela ne s’est pas passer sans grand mal. On a assisté à des dénouements parfois très violents, allant jusqu’à l’assassinat de leaders d’opinion lorsque la corruption, l’achat de conscience et les pressions diverses ne marchaient pas.

Au milieu des années 1990, la République démocratique du Congo, ex- Zaïre sombrait dans une guerre civile après l’échec d’une conférence nationale qui n’en finissait pas de finir, bloquée dans l’application de ses conclusions par le Président de la République lui-même, le Maréchal Mobutu Sésé Seko.

Evoquer l’Afrique des grandes dictatures sans parler du prince de Gbadolité, c’est ignorer tout simplement ce qui fut la tragédie de ce continent depuis les indépendances.  Malade et fatigué mais indécrottable du pouvoir, le richissime Maréchal sera vaincu par l’armée rebelle de Laurent Désiré Kabila en 1996. Il mourra en exil au Maroc.

En 1999, le cinéaste Belge Thierry Michel consacre un film documentaire à l’une des figures historiques les plus honteuses du continent noir.Son titre ? Mobutu, roi du Zaïre.

Un film qui retrace le parcours d’un opportuniste politique qui a su jouer des antagonistes de la guerre froide pour devenir un symbole tristement célèbre dans le malheur de son pays non seulement mais de l’Afrique tout entière.

La question est : un cinéaste africain aurait pu faire ce film ?

La réponse est assurément non car vue les sources des archives, vue la grande tâche de documentation entreprise, les obstacles auraient été incommensurables pour un documentariste africain.

Le film fut accueilli au Burkina Faso avec enthousiasme, vu et revu par des milliers de personnes, jeunes et moins jeunes, instruits et non instruits. Car Mobutu résumait en lui-même tout seul l’effroi et la terreur qu’ont semés la plupart des dirigeants du continent depuis les années 1960.

Plus tard, les VCD piratés allaient se vendre sur le marché comme de petits pains . Il est toutefois difficile de savoir statistiquement combien de personnes ont vu ce film. Mais son impact a été très grand sur l’opinion comme on le verra plus tard car une année avant, en 1998, un journaliste burkinabé (Norbert Zongo) allait être assassiné et brûlé dans sa voiture avec 3 autres personnes alors qu’il se rendait dans sa ferme.

Du coup, les souvenirs d’un Mobutu, buveur de sang humain comme le dit un de ses anciens ministres dans le documentaire de Thierry Michel, pour renforcer et pérenniser son pouvoir dictatorial, a donné à la lutte pour la justice pour Norbert Zongo une très grande envergure, étant donné que ceux qui menaient cette lutte n’étaient pas seulement des hommes politiques mais des leaders d’organisations des droits de l’Homme et des associations d’étudiants, car ceux -ci ont vu plus tard le film.

Le film de Thierry Michel n’a certainement pas été le précurseur de films documentaires du politique et de la mal gouvernance en Afrique, mais le personnage qui en était le portrait, il eut une grande influence en Afrique francophone en général et le Burkina Faso en particulier.

Travaillant moi-même dans le domaine de la promotion et de la valorisation du cinéma documentaire au Burkina Faso par le biais d’une Association qui fait de la diffusion du documentaire, j’ai eu le privilège d’accompagner Thierry Michel à des émissions de radio lorsque nous l’avions invité à une édition de notre festival en 2005. Je me souviens de l’admiration qu’il suscitait dans le milieu des journalistes à la seule évocation du film Mubutu, roi du Zaïre.

2-Les films documentaires politiquement engagés

Comme dit plus haut, Thierry Michel n’est pas un précurseur dans la voie du film documentaire traitant du politique en Afrique. On se souviendra des films sud-africains sous le régime de l’apartheid,filmés souvent clandestinement et qui dévoilaient la face violente et inhumaine du régime raciste.

On se souviendra aussi de Lumumba la mort du prophète (1991) de Raoul Peck dont la démarche personnelle à travers les confidences de sa mère et les photos de famille, traite de la fin tragique d’une des plus célèbres figures de l’histoire contemporaine africaine.

On ne peut pas non plus dire que ces films ont eu un quelconque impact sur l’opinion burkinabé, car peu ou pas vus du tout. Sans compter la barrière de la langue qui les rendaient souvent inaccessibles à la plupart des spectateurs.

Avec le Fespaco, le Burkina Faso a ce privilège particulier d’accéder à la production cinématographique de l’ensemble du continent noir tous les 2 ans depuis 1969.

Les films documentaires n’attirent pas les foules mais cependant, intéressent particulièrement les personnes qui sont engagés dans des combats singuliers comme l’alternance politique, le respect des droits de l’homme, la liberté de presse et d’opinion etc. 

En 1999, le documentariste camerounais Jean Marie Teno réalise Chef. Un film qui traite comme le dit l’extrait de la note d’intention de « Frustration devant la misère qui s’accroît dans un pays riche en ressources naturelles, mais qui profitent exclusivement à la minorité au pouvoir. Frustration devant l’indifférence et l’arrogance des chefs face à la détresse du plus grand nombre. Frustration devant la colère silencieuse de la foule qui malheureusement se manifeste par une violence contre ses éléments les plus faibles et les plus démunis de la société. Frustration de vivre dans une prison sans barreaux, qui serait le pays tout entier, livré au bon vouloir d’un chef omnipotent… »

Un film d’une rare violence sur les conditions de vie de la société camerounaise d’aujourd’hui et partant d’une Afrique riche mais qui se cherche dans les méandres de la misère et du sous-développement.

Le même cinéaste allait revenir quelques années plus tard avec Vacances au pays en 2000 et Le malentendu colonial en 2004, tous traitant de l’Afrique d’aujourd’hui dans ses contradictions et ses frustrations, tous projetés lors de différentes éditions du Fespaco.

Combien de Burkinabé ont vu ces films politiquement engagés ?

Difficile à dire. Les statistiques n’étant pas le fort de nous autres africains.

Ce qu’il convient en revanche de retenir, c’est que depuis quelques années, se met en place une espèce plateforme du documentaire (Le Côté Doc du Fespaco [3]) qui organise des conférences et des débats sur des thématiques précises en rapport avec des films documentaires et qui essaye d’approfondir la réflexion sur le vécu des Africains en interrogeant directement les réalisateurs sur leur démarche cinématographique, les raisons des films qu’ils font et leurs attentes, ce, pendant le Fespaco. De nombreux cinéphiles africains y participent.

Au Burkina Faso, un seul film documentaire a attiré l’attention ces dernières années : Boribana, de Abdoulaye Diallo réalisé en 2005. Pour rappel, le 13 Décembre 1998, le journaliste et fondateur de l’hebdomadaire  Indépendant, Norbert Zongo, était assassiné sur la route de son ranch à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, la Capitale. Evènement traumatique pour l’ensemble de la société burkinabé, début d’une grande crise politico-sociale qui allait ébranler les fondements même du régime en place.

Un soulèvement sans précédant dans l’histoire du pays, une mobilisation décisive pour une quête de justice, la société civile burkinabé et la jeunesse burkinabé vont battre le pavé pendant plusieurs mois pour finalement obtenir la mise en place d’une Commission d’enquête indépendante.

Les conclusions de cette Commission furent attendues avec une effervescence incroyable. Du côté du pouvoir en place, on promet une justice impartiale.

Et puis plus rien. L’affaire va subir des contorsions rocambolesques jusqu’à aboutir sur un…non lieu.

Du côté de l’opinion on ne baisse pas les bras. Deux journalistes entreprennent de faire un film documentaire sur Norbert Zongo, retraçant son parcours jusqu’à sa fin tragique. Vu que le sujet était sensible et que l’événement encore frais dans les mémoires, le film dût se faire clandestinement.

A sa sortie en 2005, les jeunes burkinabé et les membres de la société civile accourent le voir dans les locaux du Centre National de la presse car aucun autre endroit ne voulait accueillir la projection de peur évidemment de représailles.

Le film fut un succès. La mémoire était ainsi sauvée et la lutte pouvait encore continuer. Certainement les témoignages de nombreuses personnes dont la mère du défunt hantent toujours les esprits et empêchent que Norbert soit mort pour rien.

Face à ce problème de censure, le même Abdoulaye Diallo allait créer un peu plus tard, (2005) un festival dénommé CINE-DROIT LIBRE,  un cadre dans lequel tous les films documentaires qui dérangent allaient trouver un espace de diffusion.  Ce Festival se déroule chaque année au Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou.

La 2ème édition du festival "Ciné droit libre", consacrée aux films censurés ou interdits de diffusion, a démarré mercredi à Ouagadougou, au Burkina Faso, a constaté la PANA sur place.

Organisée par l'Association Semfilms, cette édition, qui se tient du 12 au 16 juillet, a au programme une vingtaine de films de réalisateurs africains, européens et américains.

Sur la vingtaine de films, deux d'entre eux, traitent de la fragilité de la paix en RD Congo à savoir "Mobutu, roi du Zaïre" du réalisateur belge Thierry Michel et "Le prix de la paix" du Canadien Paul Cowan.

La crise socio-politique en Côte d'Ivoire sera aussi présente par trois films à savoir "Il était une fois la Côte d'Ivoire" réalisé par Julien Suaudeau, "Côte d'Ivoire, chronique d'une crise annoncée" de Laure Poinsot (France) et "Télé guerre, une chaîne de télévision transformée en machine de propagande des Forces nouvelles" de Luc Damiba.

"Congo River, au-delà des ténèbres" de Thierry Michel, "Et si Latif avait raison" du Sénégalais Joseph Gaï Ramaka, "Sida : le doute" de l'Algérien Djamel Tahi et "Al Jazeera : Control room" de l'Egyptien Jehane Noujaim sont également au menu du festival.

Ces films documentaires interdits ou censurés dans les festivals classiques seront projetés au Centre culturel français Georges Méliès de Ouagadougou et à l'Université de Ouagadougou pendant la durée du festival.

L'administrateur général du festival, Luc Damiba a souligné que "Ciné droit libre" est un festival consacré aux films parias, dérangeants ou encore à polémique.

Selon M. Damiba, l'idée de la création de ce festival est partie en 2001 du refus du Festival international du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) de diffuser le film "Bory Bana" consacré à l'assassinat du directeur de publication du journal "L'Indépendant", Norbert Zongo."C'est une tribune d'expression que nous offrons à des gens qui défendent les droits humains, la liberté de la presse, la démocratie tout court", a-t-il précisé.

En marge du festival, il est organisé des ateliers de formation sur des thèmes tels "médias et conflits en Afrique", "le circuit de diffusion des films documentaires grands reportages", "le droit à l'image, la recherche et l'usage des archives audio- visuelles, les interviews".

"Le documentaire et le film engagé en Afrique", "les questions de liberté en Afrique", "l'écriture d'un scénario de documentaire de création" pour les jeunes réalisateurs seront aussi abordés. Le festival, qui prend fin le 16 juillet, sera sanctionné par la remise d'un prix du meilleur projet documentaire sur les droits humains et la liberté de la presse.

La réalisation du film Boribana est un précédant au Burkina Faso. Des assassinats politiques, il y en a eu et en masse mais l’acte cinématographique de garder en mémoire la tragédie de certaines prises de position, la violence qui caractérise encore aujourd’hui nos «  démocratures » pour emprunter un néologisme, est quand à lui, tout nouveau sous le ciel burkinabé.

L’affaire Norbert Zongo reste toujours pendant au travers de la gorge de la justice.



3- Le cinéma documentaire et son public burkinabé

S’il est vrai que le principal vecteur du cinéma documentaire est la télévision, il est très difficile de définir quel est le public qui s’intéresse aux films qui y sont diffusés.

Au Burkina Faso, la plupart des documentaires qui passent à la télévision nationale sont ceux fournis par les chaînes françaises. Ils s’adressent rarement donc à ce public burkinabé.

Désir de meubler le temps ou manque de moyens de production au niveau de télévisions ?  Toujours est-il que les films documentaires que voit le public burkinabé, même s’ils parlent souvent du continent africain, sont faits pour un autre esprit, avec un autre regard.

S’agissant de la diffusion en salle, elle quasi inexistante, hors- mis les productions à fort retentissement mondial comme le film de Michael Moore 9/11, farenheit, projetés au Ciné-Burkina et au Ciné Neerwaya.

Reste maintenant les festivals et les rencontres cinématographiques.

Le Fespaco est l’occasion rêvée où l’on peut voir tous les films africains du moment y compris les films documentaires.

Avec la légèreté des moyens de tournage et la baisse des coûts de production, il est actuellement le genre cinématographique le plus en vogue. 

Pour Comparaison, un film de court-métrage documentaire tourné en numérique peut coûter

2 000 000 francs CFA (environ 3 000 euros) tandis que pour la même durée, un film de fiction tourné en pellicule avoisinerait 90 000 000 francs CFA soit environ 130 000 euros.

Il est vrai que très souvent dans l’esprit de certains réalisateurs, il faut faire du documentaire quand on n’a pas les moyens de tourner un long-métrage. En moyenne, plus de 70 films documentaires sont sélectionnés par le Fespaco à chaque édition.

Depuis 2003, il existe même le côté Doc du Fespaco*,  qui la vitrine du cinéma documentaire africain, avec ses projections suivies de débats, ses conférences et work in progress, et enfin ses leçons de cinéma animés par les professionnels du cinéma africain.

Voici par exemple la grille de programmation du Côté Doc du Fespac 2007 :

Grille de programmation des séances de projections du Côté Doc du Fespaco 2007

 

 

Dimanche 25

Lundi 26

Mardi 27

Mercredi 28

Jeudi 1er

 

 

 

CCF GM

Petit Méliès

 

 

 

 

13H -16H

 

13h00 : Allocution d’ouverture

 

13h20 : film

Questions à la terre natale de

Samba Felix Ndiaye

Sénégal

 

14h15 : Rencontre avec Samba Felix Ndiaye

 

15h00 : film

Mieux vaut mal vivre que mourir de Justine Bitagoye et Gaudiose Nininahazwe

Burundi

 

15h30 :  Rencontre avec Justine Bitagoye et Gaudiose Nininahazwe

Burundi

 

 13h00 – film

Requiem pour le Révolution de Jihan El Tahari

 Egypte

 

15h00 –

Rencontre avec Jihan El Tahari

 

15h30 – film

Sacrées bouteilles de Fitouri Belhiba

Tunisie

 

 

 

 

 

 13h00 - Film :

The mother’s house de François Verster

Afrique du Sud

 

14h20 – Rencontre avec François Verster

 

14h40 – Film :

Conversation on Sunday afternoon  de Khalo Matabane,

Afrique du Sud

 

15h40 – Rencontre avec  Khalo Matabane

 

13h00 - Film :

La couleur du sacrifice de Mourad Boucif,

Maroc

 

14h30 :  film :

Droit de mémoire de Daniel Kollo Sanou

 

 15h25 – Rencontre avec Daniel Kollo Sanou et Mourad Boucif

 

 

13h00 –

Leçon de cinéma par

Moussa Touré, suivie de la projection de son dernier film documentaire, Nosaltres

 

 

 

16h00

16h00

16h00

16h00

16h00



Voici le bilan du  nombre d’entrées des Nuits d’Ecrans Côté DOC 2007 :



Séances à Ouagadougou

CCF Georges Méliès

Tout public

Total

Nombre d’entrées

 437

437

 

 

 



A côté du Fespaco, il y a des associations comme l’Association Ecrans [4] , qui s’associe au Centre Culturel Français  pour la célébration en Novembre du mois du documentaire. Des cinéastes sont invités à venir présenter leur travail, une fenêtre est à l’occasion ouverte sur la cinématographie d’une région ou d’un pays particulier de l’Afrique.

Enfin il y a le Festival Ciné-Droit libre qui se consacre aux documentaires dits engagés encore que le documentaire, par essence, soit une forme d’engagement.

Le public pour ces manifestations est divers et n’est pas le même selon que les films soient diffusés en  salle, au sein du centre culturel français, à l’Université où en plein air.

Pour ce dernier cas, on a généralement affaire à un public peu lettré qui ne se laisse aller qu’à la force des images.

Il est vrai que de plus en plus, l’accent est mis sur le public scolaire pas dans le but  non seulement de susciter des vocations mais aussi dans l’objectif de créer de futurs adultes conscients des énormes défis qui les attendent. 

Aux lycéens à partir de la classe de 5è en montant, sont montrés des films comme ceux du Sénégalais Samba Félix Ndaye, Question à la terre natale produit en 2006 ou de la Congolaise Monique Mbeka Phoba, Un rêve d’indépendance produit en 1998 , tous deux traitant de la dure réalité des indépendances africaines et de la gestion africaine en question.

Je me souviens d’une discussion particulièrement vive entre le cinéaste Sénégalais Moussa Touré  et des élèves d’un Lycée de Ouagadougou par rapport à son film « Poussière de villes », qui portait sur les enfants de la rue dans le Brazzaville d’après guerre.

Ces élèves étaient particulièrement indignés de savoir que ces enfants avaient été abandonnés par leurs parents et ont trouvé la démarche de Moussa Touré de les ramener dans le cadre familial.

On quittait le cinéma pour rentrer dans le concret de la vie. Faut-il se contenter simplement de filmer ?

En définitive un public se met en place petit à petit pour le cinéma documentaire au Burkina Faso mais il faudra certainement encore du temps pour que ce public soit aguerri à la lecture de l’image et surtout constitue une conscience politique.

4-L’impact du documentaire sur le public burkinabé

Il est bien de savoir que le Burkina Faso compte près de 80% d’analphabètes.

Ceci n’est pas facile la réception d’un genre cinématographique comme le documentaire. Il existe bel et bien un public pour le documentaire mais il faut  aller le chercher dans les milieux scolaires, estudiantins et intellectuels.

Cela ne veut pas non plus dire que seulement ces composants sociaux soient seuls à regarder des films documentaires, loin s’en faut, car l’accès à l’image cinématographique constitue un grand privilège pour les populations et de ce fait, elle est accueillie avec d’autant plus d’enthousiasme.

On regarde un film même si on le comprend pas tout à fait.  Je dirai que l’habitude des films étrangers et particulièrement ceux de Bolywood y est pour quelque chose. Les cinéphiles comprennent bien ces films sans pour autant comprendre un seul mot de leur langue dans laquelle les dialogues sont dits.

Il en va de même pour les films documentaires : les images sont décryptées selon une imagination acerbe.

M’intéressant à la vulgarisation du documentaire, je me suis aperçu à quel point cela était vrai lorsque nous projetons les films en plein air. Loin de rebuter les gens, les films documentaires (quelque soit leur sujet), maintiennent les spectateurs en place du début jusqu’à la fin. Le seul bémol étant que les très jeunes, les adolescents préfèrent toujours les films avec action comme dans les séries B américaines. 

L’impact est plus visible lorsque ces séances sont accompagnées de débats. Il y a la surprise de savoir que même sans le commentaire, sans les voix-off ou les dialogues, l’essentiel des films est compris.

Cela amène naturellement à dire que les films documentaires ont un impact plus ou moins diffus sur le public burkinabé. Plus on monte dans l’échelle de la gravité du sujet plus l’impact est visible.

Le film de Thierry Michel cité plus haut,s’inscrit dans cette veine, de même que Boribana.

La question reste de savoir si cet impact se traduit forcément dans les comportements comme une mobilisation plus forte pour la revendication des droits, contre l’injustice et l’oppression. On peut dans une certaine mesure avancer que dans l’opinion plus éclairée, cela participe de beaucoup dans la détermination et l’engagement pour un idéal.

De façon basique, Boribana a maintenu dans les esprits que quelque chose de mal s’est produite et que dorénavant, il faudra empêcher que cela ne se reproduise en criant haut et fort « trop c’est trop ».

Ceci a eu pour corollaire  d’étendre et de renforcer la liberté  de la presse notamment puisque désormais la mort de Norbert Zongo servait  de catharsis qui évacuait les peurs et les autocensures. La presse se sent protégée par une opinion prête à se faire entendre au moindre faux-pas.  Voir par exemple la liberté de ton des titre comme le Libérateur ou l’Evènement. [5]

5-Le documentaire, une école d’apprentissage de la liberté pour les burkinabé ?

La liberté, comme on le dit souvent, ne se donne pas mais plutôt s’arrache.

Et pour parvenir à arracher sa liberté, il faut des forces. Les forces viennent plus de  l’esprit que d’ailleurs. Pour les pays  comme le Burkina Faso en quête de liberté et d’un mieux-être social et économique, il faut forger de nouveaux esprits.

Des esprits allergiques à toutes les formes d’oppressions et d’injustices. Des esprits prêts à dire non à ce qui ne va pas.

De nombreux exemples (comme la liberté de presse et de manifestation acquises ces dernières années) montrent qu’il est possible de parvenir à plus de liberté si les esprits se mettaient ensemble et conjuguaient leurs efforts.La  contribution du cinéma documentaire peut être décisif dans la formation de cet esprit nouveau même s’il est rare voire impossible que le cinéma seul soit le moteur d’une révolution.

Ceux qui travaillent dans le documentaire ont compris qu’il faut créer et multiplier les lieux propices à la diffusion du documentaire et plus encore, qu’il faut cibler un public : les jeunes scolaires.

Ils sont les décideurs de demain à qui il faut faire voir et revoir les erreurs et les errements d’aujourd’hui afin qu’ils comprennent conscience une fois pour toute que leur destin les appartient et que c’est à eux seuls de prendre les bonnes décisions pour qu’il soit meilleur.

Avec la technologie, il est plus aisé de partager un message avec un grand nombre de nos jours, qu’il y a 20 ou 40 ans.

Le jeune burkinabé d’aujourd’hui sait plus de choses que son camarade d’il y a  seulement 10 ans.

Pour revenir à cette prise de conscience, ce sont les jeunes des lycées et collèges qui commémorent avec le plus d’écho l’assassinat du journaliste Norbert Zongo en allant systématiquement en grève à chaque anniversaire depuis 1999.

C’est encore eux qui sont devant dans les différents mouvements sociaux tendant à revendiquer des améliorations de conditions de vie des populations.

Ils sont informés par le biais de la télévision et d’Internet, ils suivent de près la marche du monde, en un mot, ils savent que leur place est ici et nul part, ils ne pourront plus accepter que chez eux.

C’est donc dire que si le documentaire doit servir d’école d’apprentissage de la liberté au Burkina Faso, c’est prioritairement à cette jeunesse qu’il doit être destiné. Pas que ceux qui ne sont plus sur les blancs du lycée ne servent plus à grand chose mais l’homme africain nouveau qu’il faut dans la plupart des pays africains est à chercher dans la jeunesse qui monte.

Une fois le public ciblé, il faudrait que la production réponde à la demande. Qu’il ait des films qui posent constamment le regard sur ce qui va mal. Et plus cela se fera, plus la censure va reculer et mieux va se porter la liberté.

6-Le développement du cinéma documentaire d’auteur, synonyme d’ouverture d’esprit et de prise de conscience politique renforcée ?

 

Un contact s’impose en Afrique et singulièrement au Burkina Faso. Il y a très peu de cinéastes documentaristes. Ils sont d’ailleurs généralement des fonctionnaires de la Télévision Nationale comme Rédo Porgo qui a réalisé la série documentaire Identité culturelle.

A mon avis,  cela tient principalement à deux raisons :

-d’abord le cinéma fait rarement son homme sous nos tropiques

-ensuite, si en plus ce cinéma doit faire de la critique , remuer les consciences,par conséquent mettre un régime en place dans une mauvaise posture, il va s’en dire que ce cinéma-là ne va pas non seulement nourrir son homme mais le fera certainement périr.

Le processus de démocratisation est en cours au Burkina Faso et les vieux réflexes des régimes dictatoriaux ne sont pas encore tout à fait bannis.

Ce qui fait que ce un cinéaste occidental peut filmer en Afrique, son homologue africain ne le pourra jamais, sinon à ses risques et périls.

La question est donc comment parvenir à un cinéma documentaire d’auteur dans un environnement socio-politique aussi complexe ?

A la base, il ya la question de la formation car comme le cinéma fait peur, les dirigeants ne se sont jamais presser pour  créer des écoles de formation.

Aujourd’hui, ceux qui s’intéressent au documentaire n’ont d’autres choix que de passer par le bais des ateliers et de réalisation documentaire que des Associations ou Organisations du NORD viennent dispenser.

Vu le danger que représente ce vide, des initiatives commencent à naître.

Gaston Kaboré l’un des pionniers du cinéma burkinabé a créé une structure dénommée Imagine, avec pour vocation de former et de perfectionner les techniciens et les professionnels du cinéma burkinabé de demain. Il organise pour cet effet des séminaires et des ateliers de formation à la carte dans toutes les disciplines cinématographiques.

A cela il faut ajouter l’initiative de Ardèches Image en France qui a mis en place un atelier de formation en écriture et réalisation documentaire, avec en pointe les masters de Saint Louis au Sénégal qui accueillent de futurs réalisateurs et réalisatrices burkinabé.

Après ce problème de formation, il y a celui de la production. Il est nettement moins coûteux de nos jours cependant il coûte quand même. Où trouver les fonds nécessaires pour faire un documentaire qui ne soit un reportage hâtif  dilué dans de bonnes intentions ?

Aucun gouvernement au Burkina Faso ni ailleurs en Afrique ne va donner les fonds pour qu’on montre ses travers. C’est pourquoi les co-productions Nord-Sud ou Sud-Sud ont le vent en poupe car elles permettent de contourner cet obstacle. C’est pourquoi également que l’initiateur des Rencontres Tënk de Gorée ( Ardèches Image), conscient de ce problème, œuvre à faciliter les contacts entre producteurs, diffuseurs du Nord et du Sud.

Quand on arrive à surmonter ce problème de la production,il y a celui de la diffusion.Il ne faut pas compter sur la télévision nationale car aucun Directeur ne prendra le risque de se faire virer en montrant un documentaire qui ne soit un chapelet de louanges aux actions de tel ou tel autorité en place.

D’où détournement des documentaires de leurs destinataires originaux au profit de festivaliers occidentaux.

Comment parvenir à surmonter l’ensemble de ces problèmes et mettre en place un tissu de cinéastes indépendants pour un cinéma documentaire d’auteur ?

Il faut de l’audace. Mais l’audace seule ne suffira pas , il faudra mettre en place un réseau de sorte à ce que la chaîne soit  difficile à maîtriser.

Au Burkina Faso, cette réflexion n’est pas à l’ordre du jour, esseulés que sont les cinéastes chacun dans son coin.

Car à l’échelle d’un seul pays, il sera difficile à ce que le cinéma d’auteur prenne pied en lieu et place des séries télévisées tous azimuts qui inondent les écrans des télévisions nationales.

 

Le cinéma d’auteur africain ne pourra voir le jour que grâce aux efforts conjugués des jeunes qui aspirent à la profession de cinéastes, avec un esprit nouveau, aux antipodes de celui de leurs aînés et devanciers, avec un idéal d’Afrique pour objectif.

Ils ont cette chance énorme que les moyens de communication soient à ce point vulgarisés, reste plus qu’à se saisir de cette chance et en faire un moyen de changement radical du visage de notre continent, et montrer aux autres qui nous sommes pour gagner à être vus comme nous sommes.

L’ouverture d’esprit implique que nous sachions d’abord affirmer notre identité avant de prendre des autres ce qui nous est bénéfique voire salutaire.

Il est heureux de savoir que les ateliers de formation à l’écriture et à la réalisation se multiplient à l’échelle du continent. J’en veux pour exemple La Maison des Cinéastes, Abdelrahmane Ahlmed Salem à  Nouakchott en Mauritanie et la mise en place des Associations AfricaDoc dans divers pays de la sous-région comme le Burkina Faso et le Mali.

Il ne reste plus qu’à créer un cadre pour une synergie d’actions au niveau des jeunes auteurs réalisateurs d’abord au niveau national puis à des échelles plus grandes.



Bibliographie

Les Cinémas d’Afrique noire : le regard en questions, de Olivier Barlet collection  Images plurielles, L’Harmattan, 1996.

Le Documentaire, un autre cinéma, de Guy Gauthier, collection cinéma, édition Armand Colin, 2005.



Filmographie

Afrique sur Seine de Paulin, court métrage de Paulin Soumano Vyera, 1955. Groupe Africain de cinéma

Borrom Sarret, court métrage de Ousmane Sembene, 1963, Filmi Doomireew, New Yorker Films

Boribana de Abdoulaye Diallo, 2005., Semfilms

Côte d’Ivoire la poudrière identitaire de Benoît Scheuer et   Dominique Trembloy, Octobre 2000.

Chef, de Jean Marie Teno,  1999, Les Films du Raphia

Cinq X Cinq de Moussa Touré, 2005, Les films du Crocodile

Identité culturelle, série documentaire  de Rédo Porgo produit entre 1987 et 2007. Télévision Nationale du Burkina

Mobutu, Roi du Zaïre de Thierry Michel, 1999. Les Films de la Passerelle.




[1] la caméra PD150 surtout, et le montage virtuel grâce aux logiciels Final Cut Pro et par la suite Avid

[2] Cf articles 36, 37, 38, 39 de la Constitution du Burkina Faso, adoptée le 03 Juin 1991.

[3] Créé en 2003,  Le Côté Doc du Festival est une vitrine du cinéma documentaire africain. C’est un espace uniquement consacré au cinéma documentaire et traitant des problématiques spécifiques à cet autre cinéma. Il se tient au CCF Georges Méliès et en moyenne, 200 festivaliers viennent voir les films à chaque séance.

[4] L’association Ecrans a été créée en Avril 2002 par un groupe de jeunes cinéphiles et cinéastes dans le but de promouvoir le cinéma africain de court-métrage et le cinéma documentaire qui était lui terré dans une espèce de marginalisation. L’action de l’ Association vise à rapprocher ces genres cinématographiques du public africain en organisant des séances de projections en plein air dans les quartiers et en organisant des séances scolaires dans des établissements.

[5] Titres de deux mensuels burkinabé. Farouchement critiques vis-à-vis du gouvernement en place.