Programme


Grecirea-Programme







GROUPE      D’ ETUDE      CINEMA
     DU      RÉEL      AFRICAIN



PROGRAMME DE RECHERCHE

Le
GRECIREA produit une réflexion pluridisciplinaire sur l’émergence,
depuis les années 2000, d’un nouveau cinéma documentaire en Afrique. La
question qui anime notre propos, relativement simple à l’origine,
constitue un programme théorique complexe : comment fonctionne la mise
en scène cinématographique du réel africain aujourd’hui?


Notre but est d’établir un bilan quantitatif,
qualitatif et analytique de ce mouvement, après une décennie
d’existence. Nous
proposons d’explorer, de la façon la plus approfondie possible au
regard de l’ambition scientifique du projet, les problématiques
suivantes, que l’on peut regrouper en six axes thématiques
principaux (N.B. : l’ordre des thèmes n’est ici ni chronologique ni
hiérarchisé ; notre période de référence commune étant 2002/2012,
nous ne la rappelons pas dans chaque intitulé) :


Récit documenté de l’histoire du cinéma documentaire africain.
À partir
d’une description de l’arrivée de la vidéo numérique ; sur un plan
événementiel (quels moments clés ? la première résidence
d’écriture Africadoc de Gorée en 2002 ?) ; au niveau
organisationnel (quelles personnes, quels réseaux interpersonnels et
non-gouvernementaux, quelles structures associatives,
institutionnelles, commerciales ont-ils été impliqués ?) ;
géopolitique (quand et comment, les États, Régions et Sous-régions se
sont-ils positionnés ?) ; une étude détaillée des filiations, ou
des ruptures de filiation, avec les générations précédentes des
cinéastes africains (prises de positions, rencontres, conflits,
modalités de transmission ?)


Description et étude des nouveaux modèles économiques du cinéma documentaire en Afrique.
Ses
ressources (subventions, ventes) ; ses produits (masses
budgétaires et volumes horaires) ; ses modes de coproductions et
de diffusion (télévisions, festivals, distribution cinéma, dvd,
internet) ; il s’agit d’établir un recensement socio-économique,
pays par pays, des données existantes et de se demander si l’on peut
parler d’un nouveau modèle économique sur un continent où les salles de
cinéma ont quasiment disparu mais où le volume des images en
circulation ne cesse d’augmenter.



Recensement de toutes les formations au cinéma mises en place en Afrique.
Destinés
aux auteurs, réalisateurs, techniciens, et producteurs (ateliers,
résidences, stages, cursus universitaires, écoles
professionnelles) ; modes de fonctionnement propres et éventuelles
plate-formes de coopération nord-sud et sud-sud qui les
soutiennent ; combien de stagiaires, élèves, étudiants ont été
formés, de quels profils sociologiques, dans quelles spécialités, et à
quels niveaux ; sur le plan du contenu, quelles modalités de
transmission, quels formateurs, quels schémas éducationnels, quels
référents pédagogiques ?



Recensement et analyse de tous les films documentaires réalisés en Afrique.
À partir
d’une définition du documentaire de création, objet central de notre
réflexion, mais en élargissant notre étude aux différentes formes
audiovisuelles de représentations du réel (fictions, reportages,
animation) nous voulons établir dans chaque pays, la typologie des
films et des auteurs et réalisateurs, la description des modes de
production et de coproduction, les circuits de diffusions, leur
visibilité (festivals, prix, télévisions, dvd, vod) ; une
description des sites d’information dédiés et des bases de données
documentaires existants ; une analyse communicationnelle des thèmes,
sujets, problématiques abordés pendant cette période ; une étude
des enjeux performatifs du documentaire dans les différents pays
africains concernés.


Étude des représentations des sociétés africaines dans la production documentaire.
En terme
de communication et d’anthropologie politique, il s’agit d’analyser les
questions suivantes : quelles images de soi et de l’autre ?
quels types de prises en compte des représentations du sacré ?
quels modèles (ou contre modèles) ethnographiques ? Quel(s)
rapport(s) au patrimoine culturel et artistique africain ? quelles
problématiques linguistiques (sous-titrages, traductions) ?
quelles relations avec les autres pays et continents ? quels types
d’engagements politiques cinquante ans après les indépendances et à
l’heure des mouvements démocratiques ? Quel travail de mémoire sur
les moments historiques forts de l’histoire contemporaine(génocide au
Rwanda, guerres civiles, transitions des chefs d’états)  
 



Quelle(s) esthétique(s) pour le nouveau cinéma documentaire africain ?
Il s’agit
d’étudier les éventuelles lignes de forces esthétiques des films
existants : nous voulons évaluer ce qu’ils dessinent ;
réfléchir aux éventuelles matrices artistiques culturelles et
interculturelles dont ils proviennent ; repérer les figures
récurrentes ou au contraire les diversités formelles qui les
caractérisent ; le nouveau documentaire africain est-il porteur
d’un nouveau style cinématographique, voire d’un nouveau langage
artistique ou d’une sémiotique propre ? Quelle est la (nouvelle) place
pour la subjectivité de l’auteur ? Comment situer le cinéma
documentaire actuel sur le territoire des métissages, de
l’intertextualité et des migrations artistiques contemporains ?





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